On ne peut réduire Pattaya à l’apparence et à la « branchitude » qui y règnent. Ainsi, le professeur Steve Crow, l’un de ses tout nouveaux résidents, n’est pas du genre à se laisser facilement impressionner par le strass et les paillettes. Après une brillante carrière de professeur, de scientifique et d’inventeur, le voici qui débarque à Pattaya, fraichement diplômé en architecture, un diplôme qu’il a passé durant sa première année de retraite, juste « pour le fun ». « Je rentre au Colorado la semaine prochaine pour enchaîner avec un diplôme en physique quantique », nous apprend-il d’un air décontracté.

Avant d’encaisser sa dernière paie, à l’âge de 58 ans, Steve Crow partageait son temps entre l’enseignement universitaire et la gestion de ses propres sociétés. Son invention la plus connue est probablement le « Starcar », un concept de véhicule pouvant faire office à la fois d’automobile et d’aéronef. Pour occuper le temps libre que lui laisse la mécanique quantique, notre jeune retraité s’est mis en tête de développer un ordinateur qui protégera les plongeurs contre l’accident de décompression.

De son avis, Pattaya souffre d’une incompréhension. Outre ses incontournables bars ou clubs, la ville offre toute une gamme d’attractions qui séduiront aussi bien un ingénieur de l’aéronautique que monsieur toutlemonde. « Contrairement à ce qu’imaginent les touristes, la Walking Street ne représente en réalité qu’une petite partie de la ville », explique-t-il.

Steve Crow a eu une approche très méthodique pour choisir l’endroit qui accueillerait sa « seconde jeunesse ». Au fil des années, il a peu à peu contracté sa sphère d’attention, qui englobait initialement tout le continent asiatique. « Mon premier séjour en Thaïlande remonte à 1993, c’était lors d’un voyage durant lequel j’avais visité aussi Singapour et Hong Kong. Mon idée était que le 21ème siècle serait asiatique et peu importe que je sois obligé de me déplacer pour participer à cet avènement ». Le dynamise de Pattaya, son « indéniable charme » et quelque chose qui ressemble de près à sa Californie natale ont finalement conquis notre scientifique. « Pattaya s’apparente beaucoup à la Californie des années cinquante », déclare-t-il. « Elle m’évoque tout à fait ce qu’était Long Beach à l’époque : un mélange de dynamisme et de ciment ».

Après s’être penché sur l’immobilier local, Crow a finalement opté pour « the Vineyards », un programme qui lui a permit de consacrer sa toute nouvelle intelligence de l’architecture à la réalisation de sa villa idéale. Située aux abords d’un lac, la résidence the Vineyards est très loin de l’image d’Épinal qu’on peut avoir de Pattaya. « The Vineyards combine dans une harmonie parfaite espace intérieur et paysage, à deux pas de la future autoroute vers Bangkok », explique notre génie.

Au palmarès de ses lieux de détentes, figurent le Sanctuaire de la Vérité et un restaurant orné de stalactites où se donnent des spectacles traditionnels de marionnettes. Mais le vaste jardin botanique de Suan Nong Nooch est pour notre scientifique l’exemple par excellence de la manière dont Pattaya parvient à transcender la réalité en offrant à ses habitants une vie touchant au rêve. « Cette surimpression du fantasme sur le quotidien, on ne la trouve qu’en Thaïlande. Elle donne à votre existence une saveur qui semble empruntée à nos songes », nous confie-t-il avec une touche de poésie.

Le point de vue d’un intello : le professeur Steve Crow nous dévoile son « top ten » de Pattaya.

Le Sanctuaire de la Vérité est un temple en teak de 105 m de long construit par un millionnaire excentrique. « C’est une œuvre architecturale étonnante avec une vue splendide sur l’océan. Le site est vraiment spectaculaire », s’enthousiasme le professeur Crow, qui recommande vivement d’essayer les restaurants voisins.

Central festival Pattaya Beach est l’un des centres commerciaux les plus modernes de Thaïlande et l’un des meilleurs. « Cette galerie commerciale n’a rien à envier à ce qu’on trouve en occident et l’architecture en est remarquable. Elle aurait tout à fait sa place à Londres ou à Los-Angeles », précise notre homme.

Mabprachan Lake. Ce lac situé aux environs de Pattaya est en principe un réservoir, ce qui en fait le paradis des pêcheurs et des canoéistes, loin du vacarme des jet-ski et autres hors-bords. Sauf au mois d’octobre, où une charge de buffles et l’effort des rameurs viennent soudain tirer de sa quiétude ce lieu paisible, à l’occasion de la course de buffle et de l’épreuve de canotage qui s’y déroulent chaque année pour saluer le retour de la saison des pluies.

Buddha Hill – cette colline tranquille sépare Pattaya de Jomtien, station plus calme que sa turbulente jumelle. L’endroit est idéal pour flâner et se couper un moment de l’atmosphère trépidante du centre ville.

Royal Cliff Beach – quatre hôtels 5 étoiles se dressent le long de cette plage bordée d’un charmant jardin tropical où nichent de nombreux restaurants haut de gamme.

Walking street : cette rue piétonne est l’une des artères les plus atypiques au monde. On pourrait d’ailleurs la rebaptiser : « la rue de l’effarement ». « Elle ne représente en réalité qu’une infime partie de Pattaya, contrairement à ce que s’imaginent les visiteurs », nous rappelle Steve Crow.

Suan Nong Nooch. Un jardin tropical de 200 hectares, avec ses statues, ses plantes extraordinaires, ses massifs de forêt tropicale dense reconstituée pour le plaisir des yeux, sans oublier le spectacle d’éléphants. « Cela n’existe qu’en Thaïlande. Le fantasme superposé au réel », conclut le professeur.

Koh Lan. Cette petite île vallonnée située au large de Pattaya et accessible en 45 minutes enchantera les vacanciers de ses eaux claires, de ses plages désertes et d’un choix pléthorique de restaurants de fruits de mer.

Le restaurant Thaï « Joe Louis » sur Beach boulevard. On assiste à un spectacle de marionnettes traditionnelles en dégustant une succulente cuisine. « C’est un exemple typique de la métamorphose de l’avenue, qui a abandonné l’antique atmosphère des bastringues pour se donner un genre « Miami Beach » », commente Steve Crow en connaisseur.