Cagliari, une agréable capitale méditerranéenne à visiter
Cagliari, une agréable capitale méditerranéenne à visiter

Cagliari, une agréable capitale méditerranéenne à visiter

Temps de lecture : 6 minutes

Quand on pense à la Sardaigne, les premières images qui viennent à l’esprit sont souvent celles de plages aux eaux transparentes, de criques entourées de granit et de petits ports. Cagliari montre pourtant un autre visage de l’île. Capitale régionale installée au bord du golfe des Anges, elle associe un véritable centre historique, des quartiers animés, des vestiges antiques et une grande plage à quelques kilomètres seulement des remparts.

La ville se prête particulièrement bien à une escapade de quelques jours. On peut passer la matinée dans les ruelles de Castello, déjeuner près du port puis rejoindre la mer ou les lagunes dans l’après-midi. Pour préparer une première découverte et visiter les meilleures choses à Cagliari, il faut justement prendre le temps d’explorer ces différentes facettes plutôt que de considérer la capitale comme une simple étape avant de rejoindre les plages du sud.

Une vieille ville construite sur les hauteurs

Le quartier de Castello constitue le cœur historique de Cagliari. Installé sur une colline et longtemps protégé par des fortifications, il domine les quartiers plus récents ainsi que le port. On y entre encore par plusieurs passages monumentaux avant de découvrir un dédale de rues, d’escaliers et de petites places.

Deux tours médiévales rappellent l’importance défensive du quartier. La tour de l’Éléphant, achevée au début du XIVe siècle, protégeait l’accès sud-ouest de la citadelle. Avec ses murs de calcaire et ses ouvertures tournées vers la mer, elle servait également de poste d’observation. 

Quelques rues plus loin, la Piazza Palazzo concentre plusieurs bâtiments liés à l’histoire politique et religieuse de la ville. On y trouve notamment la cathédrale Santa Maria et l’ancien palais royal. La cathédrale possède un clocher du XIIIe siècle dont la partie supérieure offre un panorama sur Cagliari après avoir gravi ses 137 marches. 

Castello mérite surtout d’être parcouru sans itinéraire trop précis. Certaines ruelles débouchent sur des terrasses ouvertes sur la ville, tandis que d’autres descendent vers Marina ou Villanova.

Le bastion Saint-Rémy, balcon sur la ville

À l’extrémité sud de Castello se trouve le bastion Saint-Rémy, l’un des monuments les plus reconnaissables de Cagliari. L’ensemble actuel a été construit à la fin du XIXe siècle sur d’anciennes structures défensives médiévales. Sa grande terrasse Umberto I et sa promenade couverte ont été conçues en 1896 avant l’inauguration du monument en 1902.

Le vaste escalier relie les quartiers bas à la citadelle. Une fois sur la terrasse, la vue s’ouvre sur les toits, les collines, le port et une partie du golfe.

Le lieu prend une autre dimension en fin d’après-midi. Les habitants viennent y marcher ou retrouver des amis pendant que la lumière descend progressivement sur la ville. Cette présence locale contribue à donner au centre historique une atmosphère moins figée que celle de certaines destinations uniquement tournées vers le tourisme.

Des traces romaines au milieu de la ville actuelle

Cagliari permet également de remonter bien avant la période médiévale. Sur les pentes de la colline de Buon Cammino se trouve notamment l’amphithéâtre romain, considéré par l’office de tourisme municipal comme le principal édifice public conservé de la période romaine dans la ville. Il a été aménagé en utilisant en partie la roche naturelle du relief. 

Cette présence antique rappelle que Cagliari a occupé une position stratégique en Méditerranée pendant plusieurs siècles. Les différentes civilisations qui ont contrôlé la Sardaigne ont laissé leurs traces dans l’urbanisme, les monuments et les collections archéologiques.

C’est justement ce mélange de périodes qui rend une promenade dans Cagliari intéressante. Les fortifications pisanes et aragonaises côtoient des vestiges romains, des églises et des bâtiments construits beaucoup plus récemment.

Une ville qui vit aussi autour de ses marchés

Pour découvrir Cagliari autrement que par ses monuments, il faut quitter quelques heures les circuits historiques. Les marchés permettent de retrouver une ambiance davantage liée à la vie quotidienne.

Le marché de San Benedetto constitue une institution locale. Son bâtiment historique faisant l’objet de travaux de rénovation, les commerçants ont été transférés dans une structure temporaire de la Piazza Nazzari. Celle-ci accueille environ 170 activités : poissonniers, bouchers, vendeurs de fruits et légumes, boulangeries, fromageries, charcuteries et cavistes. 

C’est un bon endroit pour observer les produits qui occupent une place importante dans la cuisine sarde. Poissons, coquillages, fromages, charcuteries et pains locaux remplissent les étals.

Cette dimension gastronomique se poursuit dans les quartiers de Marina et Stampace. Les petites rues situées près du port comptent de nombreuses tables où découvrir les poissons du golfe, la fregola, la bottarga et d’autres recettes sardes.

Une capitale avec une vraie plage

Peu de capitales méditerranéennes permettent de passer aussi facilement des ruelles historiques à une longue plage. À Cagliari, le Poetto commence au pied de la Sella del Diavolo et se prolonge vers Quartu Sant’Elena. L’ensemble du littoral atteint environ sept kilomètres. 

Le Poetto fait partie intégrante de la vie locale. Les habitants ne viennent pas uniquement y passer leurs journées d’été. La promenade est fréquentée pour marcher, courir ou simplement prendre un verre face à la mer. Restaurants, établissements de plage, centres de plongée et écoles de voile se répartissent le long du littoral. 

Cette proximité change beaucoup l’expérience d’un city trip. Une matinée peut être consacrée à Castello et l’après-midi à la baignade sans organiser une véritable excursion hors de la ville.

À l’extrémité occidentale de la plage, la Sella del Diavolo domine Marina Piccola et le golfe. Le promontoire apporte une touche plus sauvage au paysage et permet de prendre de la hauteur sur le Poetto.

Des flamants roses presque aux portes du centre

Entre le Poetto et les quartiers orientaux de Cagliari s’étend le parc naturel régional de Molentargius-Saline. Cet espace d’environ 1 600 hectares occupe d’anciennes zones liées à la production de sel. Le parc est aujourd’hui protégé pour son rôle dans l’accueil, l’hivernage et la reproduction de nombreuses espèces d’oiseaux aquatiques. 

Les flamants roses en sont devenus le symbole. Ils peuvent être observés dans les bassins peu profonds, parfois avec la ville en arrière-plan. Ce contraste entre environnement urbain, anciennes salines et vie sauvage fait partie des particularités de Cagliari.

Le parc se découvre à pied ou à vélo. Une voie cyclable et piétonne permet même de relier le front de mer de Su Siccu à l’entrée principale de Molentargius. 

Il est donc facile d’associer la visite du parc à quelques heures sur le Poetto au cours de la même journée.

Une ville agréable une fois la journée terminée

Cagliari révèle aussi son caractère en soirée. Les rues de Marina, situées entre le port et Castello, concentrent de nombreux restaurants et terrasses. Stampace offre une ambiance différente autour de la Piazza Yenne et du Corso Vittorio Emanuele II, tandis que Villanova possède des rues plus tranquilles à l’est du centre historique.

Cette diversité permet de changer d’ambiance sans parcourir de longues distances. Après une journée de visite, il est facile de dîner dans Marina, de rejoindre les terrasses du centre ou de retourner sur les hauteurs de Castello.

Cagliari fonctionne ainsi très bien pour un séjour de deux ou trois jours. La ville possède suffisamment de patrimoine pour occuper les journées, mais elle ne donne pas l’impression d’enchaîner uniquement les monuments.

Cagliari mérite-t-elle un city trip à elle seule ?

Cagliari est encore parfois utilisée comme simple porte d’entrée vers le sud de la Sardaigne. Son aéroport et sa situation permettent effectivement de rejoindre rapidement d’autres secteurs de l’île. Pourtant, partir immédiatement vers les plages revient à passer à côté d’une ville qui possède une identité propre.

Castello apporte le patrimoine médiéval, les vestiges romains racontent une histoire beaucoup plus ancienne et Marina rappelle le lien constant avec la mer. Le Poetto permet ensuite de consacrer quelques heures à la plage tandis que Molentargius offre un espace naturel directement intégré à l’agglomération.

C’est précisément cette combinaison qui fait l’intérêt de Cagliari. Patrimoine, gastronomie, plage et nature peuvent être réunis au cours d’un même séjour, sans passer plusieurs heures chaque jour dans les transports. Pour ceux qui recherchent une capitale méditerranéenne vivante et encore moins connue que les grandes destinations italiennes, Cagliari mérite largement quelques jours.

 

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